mardi 20 janvier 2009

Palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie, un seul et même peuple


A l'heure où la Cisjordanie et la bande de Gaza sont géographiquement et politiquement séparées, les Palestiniens tiennent à affirmer qu'ils sont un seul et même peuple. Dans cet objectif, le centre Darna nous a demandé de vendre des savons de Naplouse en Belgique et en France. Les bénéfices seront versés à une association travaillant avec les enfants à Gaza. Le geste est très symbolique, il s'agit de montrer la solidarité interpalestinienne, de rappeler aux frères gazaouis que les Palestiniens de Cisjordanie ne les oublient pas et souffrent avec eux. Dès que nous saurons où nous vendrons ces savons, je posterai un message sur le blog.

Cela fait plus d'un an que les contacts entre habitants de la Cisjordanie et de la bande de Gaza se limitent à des appels téléphoniques, mails, etc. à tel point que lorsqu'on est en Cisjordanie, on a aujourd'hui l'impression que la bande de Gaza se situe très loin, à des milliers de kilomètres. Plus que les kilomètres, ce sont aujourd'hui les murs, les points de contrôle, les interdictions de sortir de telle zone, de voyager, des obstacles créés par l'homme, la peur et la haine qui séparent les habitants de Gaza et de Cisjordanie.

Un ami de Bethléem téléphonait de temps en temps à son amie mariée à un Gazaoui, il me racontait il y a quelques mois l'air triste: "à chaque fois que je l'appelle, elle pleure. Ils sont à bout, là-bas. Et on ne peut rien faire pour eux." Et ce sentiment d'impuissance, il s'est fait de plus en plus tenace, pour culminer au moment des attaques, où des Naplousis me disaient: "on reste devant la télé, on compte les morts, on ne peut rien faire pour eux mais on ne parvient à rien faire d'autre que regarder ces nouvelles, diffusées en permanence." Si les attaques ont détruit physiquement et moralement les habitants de Gaza, elles ont aussi détruit psychologiquement les Palestiniens de Cisjordanie. Un ami m'écrivait: "une fois de plus, on a voulu construire un semblant de vie normale et le monstre de l'occupation est revenu bouffer nos espoirs". D'autres me demandaient de prier pour eux, comme s'il n'y avait plus que ça à faire. La mère d'un ami est pour le moment à l'hôpital, elle regardait les nouvelles 12h par jour sur Al Jazeera et après quelques jours, en reconnaissant un jeune, elle a fait une attaque et est tombée raide. Cette femme qui a été chassée de son village alors qu'elle n'était qu'une gamine et s'est retrouvée parquée dans un camp de réfugiés, où elle vit depuis plus de soixante ans, cette femme qui n'a plus vu son mari durant les onze dernières années de sa vie car il n'avait plus le droit de rentrer en Cisjordanie et elle d'en sortir, cette femme qui a vu tous ses enfants faire de la prison à plusieurs reprises pour avoir lancé des pierres, cette femme qui tente tant bien que mal de survivre mérite pourtant au moins quelques années de paix dans sa vie.
Pour elle, pour mes amis palestiniens, pour les habitants de Cisjordanie, de Gaza, d'Israël, et finalement pour les habitants d'Occident et d'Orient, je souhaite tellement que cette trève dure et que justice soit faite pour les actes commis.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Salut Anaële,
Merci pour tes histoires qui font vivre des Palestiniens. J'ai entendu de Roxane que tu as travaillé dans le AEI. Peut-être je ferais du volontariat là aussi. J'ai quelques questions à te poser! Si tu m'envoie un e-mail, je te les demande!
marjongoetinck@yahoo.com
Sjoekran jazielan wa ma'a as-salaama,
Marjon