

Ce voyage en Jordanie était motivé par une raison pratique : j’avais besoin de renouveler mon visa avant le début du camp d’été. Je n’avais malheureusement que trois jours devant moi, ce qui est court, très court, surtout quand on doit passer par une frontière israélienne pour se donner plus de chances d’obtenir ce fichu visa (à la frontière palestinienne, les volontaires obtiennent généralement une semaine de visa). On descend de Jérusalem à Eilat, là, on se retrouve dans un véritable four, on passe la frontière au milieu du désert, on arrive à Aqaba, et on reprend un bus qui remonte vers Petra.
Première impression négative : je me sens touriste et je n’aime pas ça. Les gens essayent de nous soutirer un max d’argent, on ne sait pas à qui se fier. Mes bases d’arabe aident peu. On paye deux fois plus que tout le monde dans le bus et quand on réclame, on nous dit que c’est trop tard. Un Québécois avec qui on voyage oublie son appareil photo dans un taxi, qui lui ramène gentiment, mais lui demande ensuite de l’argent, et puis plus d’argent, etc. Bethléem me manque, j’y connais les prix, et puis beaucoup de gens sont habitués à me voir aller à venir. La Palestine me manque, où les gens sont juste contents de voir des étrangers qui osent venir jusque chez eux et y passer du temps. Où est l’hospitalité arabe ?
Et puis, il y a eu cette rencontre avec des Bédouins dans Petra, pas insistants ni collants, juste désireux de nous montrer les bons endroits et de nous expliquer un peu leur vie. Jamais je n’aurais cru que j’étais capable de marcher autant, d’une montagne à une vallée, à une autre montagne, à une autre vallée, à pieds, un peu en âne aussi. J’ai une énergie de dingue, c’est peut-être la lumière. Puis, il y a eu la marche de Petra au village bédouin, la pause dans la famille, le retour à l’auberge pour vite tout emballer et partir avec eux dans le désert du Wadi Rum, la nuit à la belle étoile, le lever de soleil dans le désert, la promenade… Et là, tout de suite, la Jordanie, c’est devenu extraordinaire.
Ce qui me touche le plus, c’est cette connexion des Bédouins avec la nature. Ils ont fini par quitter les grottes de Petra parce que le gouvernement les a obligés (en échange, ils ne payent aucune taxe et ont reçu leurs maisons gratuitement), mais ils retournent tous les jours. On s’arrête au sommet d’une falaise pour préparer un thé sur le feu. On va jusqu’à une source pour remplir les bouteilles. On trouve des colliers accrochés aux branches d’un arbre, c’est un Bédouin qui vient les vendre de temps en temps, il les laisse là et personne ne les vole. D’ailleurs, un de nos amis a une petite échoppe qu’il a juste laissée vide pour aller se promener, il reviendra le lendemain… ou pas. On rentre avec le soleil, on se lève avec lui.
Etre Bédouin, c’est aussi être libre. Combien de fois n’ai-je pas entendu « on ne vit qu’une fois ». L’un de nos amis escalade le monastère situé au sommet d’une montagne de Petra, il saute de toit en toit sous les cris des touristes, mi-admiratifs mi-inquiets (Il ne va pas tomber quand même ? Tu crois qu’il va nous demander de l’argent ?), il redescend et ne recherche aucune reconnaissance. La liberté, ça veut aussi dire que si deux Européennes parlent d’aller dans le Wadi Rum, on prend l’occasion pour partir avec la voiture et rester quelques jours dans le désert, escalader, faire des feux et des fêtes la nuit.
Le village bédouin, c’est aussi une grande famille où tout le monde connaît tout le monde, se salue à chaque coin de Petra ou du village, se retrouve dans les innombrables fêtes de mariage et fiançailles.
Cette rencontre a été touchante et inspirante. Petite escapade en dehors de la dure réalité de la Palestine, avant de se replonger dans le travail, les visites à Naplouse et Hébron. Je suis revenue crevée et reposée en même temps.
Première impression négative : je me sens touriste et je n’aime pas ça. Les gens essayent de nous soutirer un max d’argent, on ne sait pas à qui se fier. Mes bases d’arabe aident peu. On paye deux fois plus que tout le monde dans le bus et quand on réclame, on nous dit que c’est trop tard. Un Québécois avec qui on voyage oublie son appareil photo dans un taxi, qui lui ramène gentiment, mais lui demande ensuite de l’argent, et puis plus d’argent, etc. Bethléem me manque, j’y connais les prix, et puis beaucoup de gens sont habitués à me voir aller à venir. La Palestine me manque, où les gens sont juste contents de voir des étrangers qui osent venir jusque chez eux et y passer du temps. Où est l’hospitalité arabe ?
Et puis, il y a eu cette rencontre avec des Bédouins dans Petra, pas insistants ni collants, juste désireux de nous montrer les bons endroits et de nous expliquer un peu leur vie. Jamais je n’aurais cru que j’étais capable de marcher autant, d’une montagne à une vallée, à une autre montagne, à une autre vallée, à pieds, un peu en âne aussi. J’ai une énergie de dingue, c’est peut-être la lumière. Puis, il y a eu la marche de Petra au village bédouin, la pause dans la famille, le retour à l’auberge pour vite tout emballer et partir avec eux dans le désert du Wadi Rum, la nuit à la belle étoile, le lever de soleil dans le désert, la promenade… Et là, tout de suite, la Jordanie, c’est devenu extraordinaire.
Ce qui me touche le plus, c’est cette connexion des Bédouins avec la nature. Ils ont fini par quitter les grottes de Petra parce que le gouvernement les a obligés (en échange, ils ne payent aucune taxe et ont reçu leurs maisons gratuitement), mais ils retournent tous les jours. On s’arrête au sommet d’une falaise pour préparer un thé sur le feu. On va jusqu’à une source pour remplir les bouteilles. On trouve des colliers accrochés aux branches d’un arbre, c’est un Bédouin qui vient les vendre de temps en temps, il les laisse là et personne ne les vole. D’ailleurs, un de nos amis a une petite échoppe qu’il a juste laissée vide pour aller se promener, il reviendra le lendemain… ou pas. On rentre avec le soleil, on se lève avec lui.
Etre Bédouin, c’est aussi être libre. Combien de fois n’ai-je pas entendu « on ne vit qu’une fois ». L’un de nos amis escalade le monastère situé au sommet d’une montagne de Petra, il saute de toit en toit sous les cris des touristes, mi-admiratifs mi-inquiets (Il ne va pas tomber quand même ? Tu crois qu’il va nous demander de l’argent ?), il redescend et ne recherche aucune reconnaissance. La liberté, ça veut aussi dire que si deux Européennes parlent d’aller dans le Wadi Rum, on prend l’occasion pour partir avec la voiture et rester quelques jours dans le désert, escalader, faire des feux et des fêtes la nuit.
Le village bédouin, c’est aussi une grande famille où tout le monde connaît tout le monde, se salue à chaque coin de Petra ou du village, se retrouve dans les innombrables fêtes de mariage et fiançailles.
Cette rencontre a été touchante et inspirante. Petite escapade en dehors de la dure réalité de la Palestine, avant de se replonger dans le travail, les visites à Naplouse et Hébron. Je suis revenue crevée et reposée en même temps.







