jeudi 26 juin 2008

Impressions jordaniennes




Ce voyage en Jordanie était motivé par une raison pratique : j’avais besoin de renouveler mon visa avant le début du camp d’été. Je n’avais malheureusement que trois jours devant moi, ce qui est court, très court, surtout quand on doit passer par une frontière israélienne pour se donner plus de chances d’obtenir ce fichu visa (à la frontière palestinienne, les volontaires obtiennent généralement une semaine de visa). On descend de Jérusalem à Eilat, là, on se retrouve dans un véritable four, on passe la frontière au milieu du désert, on arrive à Aqaba, et on reprend un bus qui remonte vers Petra.
Première impression négative : je me sens touriste et je n’aime pas ça. Les gens essayent de nous soutirer un max d’argent, on ne sait pas à qui se fier. Mes bases d’arabe aident peu. On paye deux fois plus que tout le monde dans le bus et quand on réclame, on nous dit que c’est trop tard. Un Québécois avec qui on voyage oublie son appareil photo dans un taxi, qui lui ramène gentiment, mais lui demande ensuite de l’argent, et puis plus d’argent, etc. Bethléem me manque, j’y connais les prix, et puis beaucoup de gens sont habitués à me voir aller à venir. La Palestine me manque, où les gens sont juste contents de voir des étrangers qui osent venir jusque chez eux et y passer du temps. Où est l’hospitalité arabe ?
Et puis, il y a eu cette rencontre avec des Bédouins dans Petra, pas insistants ni collants, juste désireux de nous montrer les bons endroits et de nous expliquer un peu leur vie. Jamais je n’aurais cru que j’étais capable de marcher autant, d’une montagne à une vallée, à une autre montagne, à une autre vallée, à pieds, un peu en âne aussi. J’ai une énergie de dingue, c’est peut-être la lumière. Puis, il y a eu la marche de Petra au village bédouin, la pause dans la famille, le retour à l’auberge pour vite tout emballer et partir avec eux dans le désert du Wadi Rum, la nuit à la belle étoile, le lever de soleil dans le désert, la promenade… Et là, tout de suite, la Jordanie, c’est devenu extraordinaire.
Ce qui me touche le plus, c’est cette connexion des Bédouins avec la nature. Ils ont fini par quitter les grottes de Petra parce que le gouvernement les a obligés (en échange, ils ne payent aucune taxe et ont reçu leurs maisons gratuitement), mais ils retournent tous les jours. On s’arrête au sommet d’une falaise pour préparer un thé sur le feu. On va jusqu’à une source pour remplir les bouteilles. On trouve des colliers accrochés aux branches d’un arbre, c’est un Bédouin qui vient les vendre de temps en temps, il les laisse là et personne ne les vole. D’ailleurs, un de nos amis a une petite échoppe qu’il a juste laissée vide pour aller se promener, il reviendra le lendemain… ou pas. On rentre avec le soleil, on se lève avec lui.
Etre Bédouin, c’est aussi être libre. Combien de fois n’ai-je pas entendu « on ne vit qu’une fois ». L’un de nos amis escalade le monastère situé au sommet d’une montagne de Petra, il saute de toit en toit sous les cris des touristes, mi-admiratifs mi-inquiets (Il ne va pas tomber quand même ? Tu crois qu’il va nous demander de l’argent ?), il redescend et ne recherche aucune reconnaissance. La liberté, ça veut aussi dire que si deux Européennes parlent d’aller dans le Wadi Rum, on prend l’occasion pour partir avec la voiture et rester quelques jours dans le désert, escalader, faire des feux et des fêtes la nuit.
Le village bédouin, c’est aussi une grande famille où tout le monde connaît tout le monde, se salue à chaque coin de Petra ou du village, se retrouve dans les innombrables fêtes de mariage et fiançailles.
Cette rencontre a été touchante et inspirante. Petite escapade en dehors de la dure réalité de la Palestine, avant de se replonger dans le travail, les visites à Naplouse et Hébron. Je suis revenue crevée et reposée en même temps.

Mon travail à Bethléem








La première chose à dire sur mon travail, c’est qu’il est varié. Je passe d’une tâche à l’autre et jongle avec plusieurs projets. Parfois, je me sens un peu dépassée, parfois, j’ai l’impression de ne pas avoir assez de travail, mais de manière générale, tout s’équilibre très bien.

Nous sommes maintenant dans notre programme d’été. Les réunions hebdomadaires des différents groupes, que je préparais souvent et animais ou co-animais, ont laissé place à des semaines chargées en ateliers de tous types. L’institut déborde de vie, de volontaires, de femmes, de jeunes, d’enfants. L’ambiance est très chouette.

Je m’occupe principalement du camp d’été pour les enfants : nous organisons toute une série d’activités tous les jours de 9h à 13h et ce pendant un mois. Peu de volontaires, beaucoup d’enfants… Autant vous dire que mon arabe avance, c’est crevant mais ce n’est pas plus mal.
Si les autres volontaires ont besoin de soutien avec leurs ateliers, je viens à la rescousse, je dois parfois animer l’une ou l’autre séance, mais ça devient plus rare. Par contre, dès que le camp d’été se terminera, les volontaires partiront, et aussi le coordinateur générale de la maison de jeunes. Il n’a pas encore de remplaçant, ça promet d’être intense, mais je me poserai la question plus tard. En gros, l’idée de ces rencontres est de faire de l’éducation informelle. Dans les écoles palestiniennes, les profs suivent les manuels et sont assez traditionnels. Nous tentons d’ouvrir des espaces de rencontre et de discussion, d’inciter les gens à pratiquer l’anglais, nous proposons des jeux éducatifs ou brise-glace, nous préparons les futurs participants à des échanges de jeunes ou de femmes à travers des ateliers de communication interculturelle, etc. Je crois que les gens viennent avant tout pour se rencontrer. Il n’y a pas beaucoup de bars ou d’autres lieux de rencontres ici, et l’institut offre un espace pour les jeunes. Ils aiment rester traîner après les réunions et bavarder. Malheureusement, les filles ont tendance à partir très vite.

A côté des animations, je travaille sur mon « information package about youth in Palestine », principalement en faisant des interviews de jeunes. J’ai un fameux retard dans les retranscriptions. Je prépare également un projet de films d’animation : mes sœurs vont venir avec tout le matos et le savoir-faire de caméra etc, et nous ferons deux films d’animation pour mon information package. Former les groupes n’est pas une mince affaire.
Une autre de mes responsabilités est d’encadrer des internationaux qui viennent faire des interviews cet été. Avec Antoinette, une dame de mon quartier, je suis allée de porte en porte afin de trouver des gens qui acceptent d’être interviewés. Quand les intervieweurs veulent les rencontrer, j’arrange un rendez-vous. Heureusement, certains ont déjà des contacts de personnes à interviewer.

Voilà plus ou moins pour l’Arab Educational Institute. A côté de ça, je donne des cours à l’Alliance Française : 1h par semaine à des petits de 6 ans (ils sont adorables, mais oublient ce que je dis tout de suite, on avance très lentement mais sûrement), et 2h de conversation avec des adultes (ça a tout pour me plaire : peu de préparations, des étudiants doués et motivés, la possibilité de parler de différents thèmes, etc.). L’Alliance Française, ça me fait un peu d’argent et une bonne référence si je veux travailler à l’étranger.

En plus de ça, je viens d’accepter de prendre en charge un atelier de théâtre deux fois par semaine au camp de réfugiés Dheisheh. Il s’agit de préparer avec des jeunes de 16-17 ans qui partiront en échange au Danemark une petite pièce sans parole sur la liberté et les réfugiés. Ça fait beaucoup, mais je n’ai pas pu résister, les jeunes des camps sont trop touchants, très différent de ceux de la ville, plus « gâtés ».

Par contre, j’ai réussi à refuser une demande de volontariat au sein du croissant rouge d’Hébron (où ils donnent toute une série de cours et de formations). Pourtant, ça avait l’air super. J’ai assez. Plus qu’assez, mais ce n’est pas pour me déplaire : je veux profiter à fond de mon expérience ici, donner ce que je peux, vivre intensément. Ces dernières semaines ont été très occupées entre tous ces projets, et puis mes week-ends sont aussi loin d’être reposants (les deux derniers, je suis allée en Jordanie et à Naplouse). Mais je me sens bien et utile, et c’est l’essentiel.
Photos: une partie du groupe de femmes sous la vigne, le local informatique, le camp d'été, et puis... on me réclamait des photos de moi, alors me voici…

lundi 9 juin 2008

Ils sont passés de l'autre côté du mur!

Deux amis israéliens sont venus vaillamment nous rendre visite à Bethléem aujourd’hui. On les a appelés Robert et Georges toute la journée et on leur a interdit de parler hébreu. J’ai vraiment admiré leur courage, leur envie de découvrir cette ville dont ils avaient tant entendu parler et de casser leurs stéréotypes. Habitués à résider en Cisjordanie uniquement dans des bases militaires et à voyager hyper protégés, ils ont pu redécouvrir la Palestine sous un autre jour. Promenade dans la vieille ville, petit verre et arguilé à Beit Jala, knafé (c’est cette délicieuse pâtisserie qui est la spécialité de Naplouse) dans le meilleur bar à knafé de la ville (normal, le patron vient de Naplouse), promenade le long du mur, visite de ma maison et de l’exposition sur les histoires d’espoir réalisée par l’association… et le pire… passage du check point Gilo pour retourner en Israël. Ils avaient inventé leur petit scénario : « on est allés voir des amis dans la colonie située ici tout près et on s’est perdus, on avait peur et on a appelés une amie palestinienne de Jérusalem qui est venue nous chercher (Abeer était effectivement avec eux) et nous montrer la sortie. » L’un d’eux disait que de toute façon, le knafé était tellement délicieux que ça valait tous les risques, mais que quand même, il aurait l’air bête s’il devait expliquer à sa famille qu’il était en prison pour un knafé. Du coup, il en a recommandé un autre, histoire que ça vaille la peine.
Bon, ils sont évidemment arrivés sans encombre chez eux ce soir.

Oush Grab versus Shdema, le combat continue











Oush Grab, c’est le nom de la colline pour les Palestiniens, Shdema, le nom de la « colonie » qui menace le paysage. Et le combat continue, avec une première petite victoire pour les partisans d’Oush Grab… de courte durée ?

Les colons sont donc venus très nombreux un premier vendredi, où personne ne les attendait. La semaine suivante, nous étions onze et eux quatre. Nous les avons ignorés, ils ont appelé les soldats, qui nous ont virés. La semaine qui a suivi, les colons sont venus à quarante environ, et il n’y avait qu’une dizaine d’internationaux et Palestiniens. Mais ils étaient une fois de plus étonnés de voir que des gens occupaient l’endroit, y avaient des activités et ignoraient complètement leurs provocations.

Entre temps, ils sont venus peindre des slogans sionistes et des étoiles de David au-dessus de nos jolis dessins. Nous sommes donc retournés mercredi passé, armés de peintures et de pinceaux, et nous avons transformé l’endroit en un « Oush Grab Plaza » ma foi presque sympathique en cet endroit désertique, avec un théâtre, un café, un beau menu (ça, c’est mon œuvre, pas mal, non ? Qui eût cru que mes talents artistiques se développeraient ici ? Delphine, tu aurais dû être là, vraiment). Et regardez l’astuce sur la première photo, on a gardé une étoile de David mais on a rajouté la croix et le croissant.
Et la victoire dans tout cela ? Eh bien, ce vendredi matin, on était nombreux à Oush Grab, on jouait au bingo en attendant les colons… et ils ne sont pas venus. Est-ce qu’ils ont déjà laissé tomber l’idée ? On n’en sait rien, mais jusqu’à hier, il n’y avait pas de nouveaux graffitis. Du coup, tout enthousiastes, certaines personnes sont allées acheter des semences pour faire un peu verdir l’endroit. Si les colons reviennent, ils arracheront tout, mais bon, il faut bien faire quelque chose, ce serait trop stupide de reste là à attendre.

Tout cela donne vraiment l'impression d'une bande de gosses, qui vont repeindre au-dessus de ce que les autres ont écrit, en sachant que ces derniers reviendront après repeindre par au-dessus. Pourtant, l'endroit n'est franchement pas accueillant, du moins pas pour le moment. Ce qui est assez comique, c'est que les deux camps parlent d'eux-mêmes comme "activistes". Il y a différents types d'activisme, c'est une chose sûre. Mais je dois bien avouer que ces petites actions de "résistance" ont un côté excitant. On était là vendredi passé en train de faire notre bingo, et on voyait bien que les colons ne venaient pas. On disait : « c’est bien, ils ne viennent pas », et d’autres répondaient : « heureusement », « pourvu qu’ils ne viennent pas du tout »… Et on acquiesçait tous. Jusqu’à ce que quelqu’un ose le dire : « ben, quand même, ils mettent de l’action ». Et un autre de répondre : « c’est presque ennuyeux sans eux ». Et on acquiesce aussi…

Hébron, ville trois fois sainte... pour son malheur











Difficile d’écrire sur Hébron (Al-Khalil pour les Palestiniens). Il y a énormément de choses à en dire, mais aucune ne permet d’exprimer ce qu’on y ressent, cette impression que la folie humaine est à son comble exactement à ce point du globe.

Je me suis rendue à nouveau à Hébron samedi passé, et nous avons passé la journée avec B, un jeune de l’université. Il adore cette ville et ne souhaite vivre nulle part ailleurs. Il est fier de la vitalité d’Hébron : c’est le deuxième centre économique de la Palestine, autant au niveau industriel que commercial. Mais B. habite dans un village près d’Hébron, et son université se trouve dans la nouvelle ville, donc dans H1. Car Hébron est séparée en deux zones, l’une sous contrôle palestinien (H1) et l’autre sous contrôle israélien (H2). Cette dernière est habitée par 20 000 Palestiniens et … 450 colons, auxquels il faut ajouter plus de 2000 soldats qui les protègent.

C’est dans les années 1970 que des juifs ont commencé à s’installer à Hébron et à y créer des colonies, supportés par le gouvernement et donc protégés par l’armée. Nulle part ailleurs en Palestine, des colons se sont installés à l’intérieur même d’une ville. La justification de ceux-ci est religieuse évidemment : il s’agit de la ville des Patriarches, qui abrite les tombeaux d’Abraham, Isaac et Jacob (prophètes dans les trois religions monothéistes). Ils ont donc construit ou squatté des bâtiments, toujours en hauteur, pour surplomber les Palestiniens, ce qui les permet de les harceler plus facilement, entre autres en jetant des pierres, des vieilles chaussures et autres détritus, d’où les grillages au-dessus de certaines rues de la vieille ville, qui n’empêchent malheureusement pas les colons de jeter de l’eau sale ou des acides qui brûlent les vêtements et la peau. Les colons de Hébron sont généralement considérés comme les plus extrémistes.

Avant, la mosquée d’Abraham (Ibrahim) était accessible à tout le monde, mais juifs et musulmans priaient à des heures différentes. En 1994, juste après les accords de paix d’Oslo, le Docteur Baruch Goldstein est entré dans la mosquée au moment de la prière musulmane et a ouvert le feu, tuant 29 Palestiniens et en blessant 200… et faisant malheureusement de nombreux admirateurs… encore aujourd’hui. Le lieu saint a ensuite été séparé en une mosquée et une synagogue, ne permettant aucun contact entre juifs et musulmans. L’accord de Hébron a été signé un peu plus tard, séparant la ville en deux zones. Aujourd’hui, les colons redoublent de créativité pour harceler les Palestiniens, toujours protégés par l’armée israélienne : les jeunes filles attendent les Palestiniennes à la sortie de l’école des filles et leur tirent les cheveux ou le voile, leur donnent des coups de pieds, les garçons les attendent d’en bas et leur lancent des pierres, etc. Ajoutez à cela les nombreux et longs couvre-feux, surtout au début de la deuxième Intifada (2000), les rues barrées, les check points à l’intérieur de la ville, les fermetures de nombreux magasins (parfois par obligation parfois par choix, par lassitude), et vous obtenez des quartiers fantômes, parsemés de tours de garde, de grillages et de fils de fer barbelés. Mais il y a toujours quelques obstinés pour rester envers et contre tout, et dans plusieurs rues de la vieille ville, des commerçants sont revenus et ont ouvert leurs magasins. Ils attendent les clients toute la journée, et les touristes sont du pain bénit pour eux, si rares en cette trop longue saison, alors, on leur achète deux trois bricoles, à un prix défiant toute concurrence.

Hébron est aussi une des villes où les Palestiniens (tous musulmans) sont les plus conservateurs. Une jeune Palestinienne me disait qu’après avoir étudié à Ramallah, elle était revenue à Hébron et après quelques mois, avait fini par se résoudre à porter le voile, à 22 ans, à cause de la pression sociale. Bassam a une « petite copine », mais il ne l’a jamais touchée, même pour lui serrer la main. Quelle différence avec Bethléem, située à environ une demi-heure de route, c’est hallucinant.

Il ne m’en reste pas moins que les habitants d’Hébron sont au moins tout aussi chaleureux et hospitaliers que ceux de Bethléem. Et finalement, lorsqu’on se retrouve dans le taxi collectif qui nous emmène loin de la ville et qu’on l’impression de sortir peu à peu d’un étrange cauchemar, c’est eux qui occupent nos pensées et nous convainquent que tout cela est bien la réalité.

dimanche 1 juin 2008

Oush Grab versus Shdema

Nouvelle visite des colons vendredi passé. Cette fois, ils étaient une bonne quarantaine. Pour ceux qui sont intéressés par cette histoire de nouvelle colonie, voilà ce qu'en disent les colons. On croit rêver. C'est à se demander quel type de personne je suis pour me sentir bien au milieu de la terreur arabe...

A NEW JEWISH TOWN IN SHDEMABETWEEN HAR CHOMA AND EASTERN GUSH ETZION
INVITATION TO ALL LOVERS OF ISRAEL
It is with thanks to Hashem that we invite the public to the laying of the cornerstone to a new Jewish city "Shdema". Shdema will be built on the exact location where the IDF army base "Shdema" used to be. The Shdema army camp was abandoned by the IDF and by the Israeli government in order to build there an Arab city as part of Olmert-Livni’s plan to build for the Arab enemy different cities in Israel’s Heartland.
Shdema is located south of Har Choma, on the new Eastern Gush Etzion- Jerusalem road. Only an insane government that has no qualms abandoning its citizens to Arab terror can come up with such an outrageous idea as building the enemy new cities in strategical locations, thus endangering the lives of Jews in Jerusalem and Gush Etzion.
We have invited President George W. Bush and his entourage to join us at the ceremony of the laying of the cornerstone.

http://www.israelnationalnews.com/News/Flash.aspx/147463
http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/126162
http://womeningreen.org/?s=shdema
http://www.youtube.com/watch?v=zieRkqkZLHc