jeudi 26 juin 2008

Mon travail à Bethléem








La première chose à dire sur mon travail, c’est qu’il est varié. Je passe d’une tâche à l’autre et jongle avec plusieurs projets. Parfois, je me sens un peu dépassée, parfois, j’ai l’impression de ne pas avoir assez de travail, mais de manière générale, tout s’équilibre très bien.

Nous sommes maintenant dans notre programme d’été. Les réunions hebdomadaires des différents groupes, que je préparais souvent et animais ou co-animais, ont laissé place à des semaines chargées en ateliers de tous types. L’institut déborde de vie, de volontaires, de femmes, de jeunes, d’enfants. L’ambiance est très chouette.

Je m’occupe principalement du camp d’été pour les enfants : nous organisons toute une série d’activités tous les jours de 9h à 13h et ce pendant un mois. Peu de volontaires, beaucoup d’enfants… Autant vous dire que mon arabe avance, c’est crevant mais ce n’est pas plus mal.
Si les autres volontaires ont besoin de soutien avec leurs ateliers, je viens à la rescousse, je dois parfois animer l’une ou l’autre séance, mais ça devient plus rare. Par contre, dès que le camp d’été se terminera, les volontaires partiront, et aussi le coordinateur générale de la maison de jeunes. Il n’a pas encore de remplaçant, ça promet d’être intense, mais je me poserai la question plus tard. En gros, l’idée de ces rencontres est de faire de l’éducation informelle. Dans les écoles palestiniennes, les profs suivent les manuels et sont assez traditionnels. Nous tentons d’ouvrir des espaces de rencontre et de discussion, d’inciter les gens à pratiquer l’anglais, nous proposons des jeux éducatifs ou brise-glace, nous préparons les futurs participants à des échanges de jeunes ou de femmes à travers des ateliers de communication interculturelle, etc. Je crois que les gens viennent avant tout pour se rencontrer. Il n’y a pas beaucoup de bars ou d’autres lieux de rencontres ici, et l’institut offre un espace pour les jeunes. Ils aiment rester traîner après les réunions et bavarder. Malheureusement, les filles ont tendance à partir très vite.

A côté des animations, je travaille sur mon « information package about youth in Palestine », principalement en faisant des interviews de jeunes. J’ai un fameux retard dans les retranscriptions. Je prépare également un projet de films d’animation : mes sœurs vont venir avec tout le matos et le savoir-faire de caméra etc, et nous ferons deux films d’animation pour mon information package. Former les groupes n’est pas une mince affaire.
Une autre de mes responsabilités est d’encadrer des internationaux qui viennent faire des interviews cet été. Avec Antoinette, une dame de mon quartier, je suis allée de porte en porte afin de trouver des gens qui acceptent d’être interviewés. Quand les intervieweurs veulent les rencontrer, j’arrange un rendez-vous. Heureusement, certains ont déjà des contacts de personnes à interviewer.

Voilà plus ou moins pour l’Arab Educational Institute. A côté de ça, je donne des cours à l’Alliance Française : 1h par semaine à des petits de 6 ans (ils sont adorables, mais oublient ce que je dis tout de suite, on avance très lentement mais sûrement), et 2h de conversation avec des adultes (ça a tout pour me plaire : peu de préparations, des étudiants doués et motivés, la possibilité de parler de différents thèmes, etc.). L’Alliance Française, ça me fait un peu d’argent et une bonne référence si je veux travailler à l’étranger.

En plus de ça, je viens d’accepter de prendre en charge un atelier de théâtre deux fois par semaine au camp de réfugiés Dheisheh. Il s’agit de préparer avec des jeunes de 16-17 ans qui partiront en échange au Danemark une petite pièce sans parole sur la liberté et les réfugiés. Ça fait beaucoup, mais je n’ai pas pu résister, les jeunes des camps sont trop touchants, très différent de ceux de la ville, plus « gâtés ».

Par contre, j’ai réussi à refuser une demande de volontariat au sein du croissant rouge d’Hébron (où ils donnent toute une série de cours et de formations). Pourtant, ça avait l’air super. J’ai assez. Plus qu’assez, mais ce n’est pas pour me déplaire : je veux profiter à fond de mon expérience ici, donner ce que je peux, vivre intensément. Ces dernières semaines ont été très occupées entre tous ces projets, et puis mes week-ends sont aussi loin d’être reposants (les deux derniers, je suis allée en Jordanie et à Naplouse). Mais je me sens bien et utile, et c’est l’essentiel.
Photos: une partie du groupe de femmes sous la vigne, le local informatique, le camp d'été, et puis... on me réclamait des photos de moi, alors me voici…

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