mercredi 3 juin 2009

Les jeunes cools de Jericho.


Ca fait déjà très longtemps que je voulais vous parler de Jericho.
Anaële avait déjà brièvement présenté la ville (article de mai 2008). Jericho, c'est la ville la plus basse de Palestine (-200m, à côté de la Mer Morte), la plus chaude, avec une histoire religieuse riche (mais ça c'est comme 80% des lieux en "terre sainte"), et une situation politique particulière... C'est surtout ça que je voudrais vous expliquer ici.

Jericho est la première ville qui a été déclarée entièrement palestinienne lors des accords d'Oslo. Il s'agit donc d'une ville palestinienne dans les Territoires Occupés Palestiniens, en CisJordanie. C'est une ville réputée pour être calme, vivant en relative tranquillité avec l'occupant israélien. Je vous avoue que je n'ai toujours pas compris pourquoi le conflit ne semble pas aussi tendu là-bas. Pourtan la frontière toute proche avec la Jordanie est contrôlée par Israël, quasi toute la vallée du Jourdain à part Jericho est envahie de colonies ou de "zones militaires fermées", toutes les plages de la mer morte, juste à côté, sont israéliennes, et régulièrement interdites d'accès aux Palestiniens, la rivière du Jourdain ainsi que la Mer Morte sont asséchées à cause de l'intense exploitation de l'eau par les Israéliens, alors que les Palestiniens n'ont qu'un accès restreint à cet or bleu... Bref, malgré tout ça, il semble que les Israéliens n'embêtent pas plus que ça les Palestiniens ni le contraire.

Alors je vous explique comment moi j'ai vu cette ville. Et comme souvent pour moi, je vois un pays essentiellement à travers ses gens.
Je voudrais vous présenter Mohammed, un jeune gars bien cool. D'abord, personne ne l'appelle par son vrai nom. Tout le monde l'appelle par un nom dont je ne connais pas l'histoire, qui ne ressemble à rien de spécial, qui pourrait être un nom juif ou américain, qui sonne plutôt cool. Il explique qu'il y a bien trop de Mahommed ici, alors il faut s'identifier autrement. Et pour cette autre identification, il a choisi un nom autrement moins arabe et musulman. Ici j'utilise son vrai nom, pour plus de discrétion... Mais ne l'imaginez pas moustachu intégriste!
Mohammed, c'est plutôt le style pantacourt qui tombe sur les hanches, baskets et démarche trankil... J'avoue, comme fille occidentale, je le trouve pas mal! Touchant, quand il s'éloigne discrètement de la conversation dans le salon, son petit tapis de prière sur ses épaules comme si c'était un essuie de plage. L'air de rien, il est musulman pratiquant, et pour lui c'est important.
Mohammed a la peau plus sombre que la majorité des Palestiniens. Ses grands-parents maternels viennent d'Afrique. En voyage pour la Mecque et Jérusalem, ils se sont installés en Palestine. Mohammed est donc Palestinien noir. Son histoire est compliquée, comme celle de tous les Palestiniens: entre l'exil en Jordanie et les voyages en Arabie Saoudite, beaucoup de Palestiniens ont, en plus de leurs papiers palestiniens, un passeport d'un autre pays arabe, ou d'un pays plus lointain. Il ne m'en a pas parlé, mais je me doute aussi que la vie de Mohammed ne doit pas être facile tous les jours, comme noir en Palestine. Le racisme est partout. Même si l'ambiance semble très décontractée et pacifique à Jéricho, je me doute qu'il a dû subir pas mal de remarques de la part de ses compatriotes qui ne sont pas tendres avec les noirs.

Mon ami travaille dans une plage de la mer Morte. Une plage israélienne 100%, avec jeunes filles en bikini, cocktails et musique à fond. Il parle l'hébreu parfaitement apparemment.
J'ai ouvert des yeux carrés quand il m'a expliqué qu'il était sorti pendant 7 mois avec une Israélienne juive! Des couples mixtes, je n'en connais aucun, à part une ou deux histoires relayées dans les médias et les documentaires pacifistes. Même parmi ceux qui fréquentent les activités d'échange Israéliens-Palestiniens, même à l'étranger, je n'ai entendu parler d'aucune romance.
Quand j'ai manifesté mon étonnement et demandé si ça n'avait pas été trop difficile pour lui, il m'a répondu timidement, qu'après quelques mois elle avait dû commencer son service militaire, et leur relation n'avait pas tenu le coup. Ben oui, j'imagine... On peut être très ouvert, j'imagine mal cette énorme contradiction de vie.

Mohammed et ses amis m'ont aussi profondément étonnée dans leurs réactions aux check-points. Dispersés dans toute la Palestine, les check-points concentrent toute la frustration des Palestiniens, l'arrogance militaire des Israéliens, et la haine des deux côtés. J'en suis une victime et une actrice comme tant d'autres. Je ne peux m'empêcher de tuer du regard les soldats, d'autant plus quand ils me draguent et par là m'accordent un statut différent des passagers palestiniens.
Nous avions passé l'après-midi avec Mohammed et les autres à discuter de religion et de politique. Dans les deux domaines, j'avoue que j'ai été étonnée et inquiète de voir que j'étais parfois bien mieux informée qu'eux. Ainsi, mes amis étaient persuadés que selon les accords d'Oslo, les zones A étaient pour les Palestiniens, B pour les Israéliens et C sous contrôle partagé. Moi j'étais persuadée (voyez les articles de novembre d'Anaële, la référence! ;-)) que B était la zône "mixte". Donc on avait parié là-dessus. Et comme arbitre, mes amis ont demandé aux soldats d'un check-point. Donc pendant notre passage en voiture, alors que j'étais assise à l'arrière, toute pleine de ma frustration et haine habituelle, j'entends Mohammed demander, avec grand sourire, au soldat quelle zône est sous contrôle mixte. Et le soldat de ne pas savoir, d'interpeller ses copains, et tout le monde papote de ces subtilités politiques pourtant vraiment importantes, comme si c'était normal! Pendant ce temps, un soldat me fait baisser ma vitre, regarde mon passeport, me demande si je suis sur Facebook et si je veux chatter avec lui. Comme mes hôtes ont l'air de bonne humeur, j'essaye de m'adapter à l'ambiance et souris aussi... Même quand ce s... dit à tout le monde "De toute façon, zônes A, B ou C, tout est à nous, tout est aux Israéliens!" grrrrgngngnng. Personne ne sait finalement, on repart en saluant les soldats, mes amis continuent à rigoler. Mais disent quand même "tout est aux Israéliens, ouais, c'est ça, ptit c..."

Plus tard, au retour de la Mer Morte le soir, check-point volant. Il s'agit de contrôles israéliens mobiles, en plus de tous les points de contrôle fixés et parfois bien organisés comme à Bethlehem ou Kalandia. Donc un soldat nous arrête, nous regarde par la fenêtre, Mohammed répond avec son parfait hébreu, sa courtoisie... Et puis je suis étonnée, au moment de partir notre chauffeur lance "shukran", merci en arabe, au contrôleur. Je lui demande pourquoi il termine la discussion en arabe et non en hébreux, et il me répond, sans en dévoiler plus, qu'il dit toujours Shukran et Insh'allah en arabe. Et j'ai eu l'impression toute personnelle que c'était sa seule petite résistance palestinienne, importante pour lui. Il peut maîtriser l'hébreu, être sympa avec tout le monde, à la fin il dira toujours merci en arabe, au moment de partir, quand il sait que le soldat ne va plus l'arrêter.

Finalement ma description de Jericho a été assez longue, mais personnelle.
Je voudrais juste rajouter un autre moment qui m'a énormément touché. Mon autre ami de Jericho, que j'appelle ici A., que j'ai revu plusieurs fois, adorable lui aussi, tout cool et tranquille. Il m'a expliqué, dès notre première rencontre, que son frère était mort il y a deux ans... d'un accident avec son meilleur ami! Les deux amis servaient dans l'armée (ou cet espèce de groupe dépourvu d'aucun pouvoir à part celui de parader en armes!). L'ami a tiré sur le frère de A. en pensant que son arme était vide, comme ça, dans une conversation! Comment la mort peut être aussi absurde?! Cette région est tellement pourrie par ce conflit sans fin que les gens meurent par accident! Et j'ai lu qu'ils étaient nombreux à être victimes de ce genre d'accidents, en Israel comme en Palestine. Comme s'il n'y avait pas assez de morts comme ça.
Et mon ami A. qui garde le sourire, malgré la douleur de cette mort absurde, suivie de la mort "de tristesse" de son père, deux semaines plus tard...
A chaque fois que je le vois, cet ami me touche profondément par la douceur et la simplicité de son sourire. Dans ce cas-ci, comme dans d'autres, j'ai la même conclusion que mon père "la dureté de leur vécu a suscité, chez beaucoup de Palestiniens, le meilleur alors qu'il aurait pu éveiller le pire".

mercredi 6 mai 2009

Retour de voyage: impressions du papa de Roxane

La Palestine a été pour moi un voyage mythique. J’ai vu la « Terre Sainte », où s’est écrite la Bible, que les Hébreux, le Christ et les premiers chrétiens ont sillonnée, qui a baigné l’imaginaire de mon enfance. Et aussi la "terre des croisades", encore que la vérité historique d’aujourd’hui est bien loin de ce qu’on nous a raconté à l’école.

Et puis il y a eu la rencontre avec le peuple palestinien. Un peuple facile à vivre, ouvert, chaleureux, souriant, malgré la dureté de sa vie.

Je ne verserai pas dans la naïveté, les Palestiniens ne sont pas tous « beaux et gentils ». Je pense plutôt que leur vécu a suscité, chez beaucoup d’entre eux, le meilleur alors qu’il aurait pu éveiller le pire.

Il y a 2 ans, je les voyais pour la plupart comme des terroristes. Je me suis rendu compte que c’est faux, nous avons circulé en Cisjordanie, à Bethléem, Hébron, Naplouse, Ramallah sans jamais nous sentir en insécurité. Et j’ai réalisé à quel point l’image des médias occidentaux est tronquée, focalisée sur les attentats suicides, les roquettes tirées de Gaza ou du Liban. Cette violence est clairement une forme de terrorisme, et donc inacceptable.

Mais ce qu’on ne voit pas, c’est le terrorisme silencieux et invisible pratiqué depuis des décennies par l’état hébreux, et surtout les colons, et qui est tout aussi inacceptable. On ne peut comprendre le terrorisme palestinien si on ignore le terrorisme larvé dont ils sont victimes, et qui est occulté par la maîtrise que les Israéliens ont des médias. Il est paradoxal que les habitants d’Israël ne comprennent pas que ce terrorisme palestinien est une forme de loi du talion, « Œil pour œil, dent pour dent », qui a été invoquée pour la première fois….dans la Bible elle-même.

Il est vrai que le soutien initial de Yasser Arafat au terrorisme a pesé lourd contre les Palestiniens, le pire étant selon moi, le « support » que leur ont apporté, ou apportent encore, des tyrans manipulateurs comme Saddam Hussein, ou le président iranien Ahmadinejad.

Je n’ai moi-même jamais rencontré aucune pulsion terroriste chez aucun de nos interlocuteurs, mais plus un sentiment de révolte, ou de résignation, devant l’injustice. A ce titre, la foule qui, sous Louis XVI a enfoncé les grilles du château de Versailles parce qu’elle avait faim, pourrait être taxée d’amas de terroristes.

J’ai été surpris du nombre de Palestiniens tués par les colons ou par l’armée israélienne, ou emprisonnés pendant des années.

En circulant dans des bus collectifs, j’ai discuté avec un Palestinien d’origine, lui et son frère, tous deux citoyens US, avaient été blessés par l’armée israéliennes lors d’une perquisition durant la deuxième intifada. Suite à la demande d’explication formulée par le consulat US, l’armée israélienne a répondu que c’était une « erreur »…et l’affaire a été classée sans suite. Devant cette indifférence de l’administration Bush, je comprenais maintenant pourquoi la mort de Rachel Corrie (une Américaine écrasée par un pelleteuse israélienne alors quelle tentait d’empêcher une destruction de maison) n’avait soulevé aucune réaction officielle. La Cisjordanie, c’est un peu un Far-West, mais où le sheriff est de mèche avec les hors-la-loi.

Les Israéliens reprochent à l’opinion publique de s’indigner de la situation en Palestine plus que de la Tchétchénie, ou du Soudan, ou du Tibet. Mais pourquoi invoquent-ils des régimes dictatoriaux pour justifier leur action dans les Territoires Occupés, alors qu’ils clament être une démocratie, ce qu’ils sont sans doute d’ailleurs, du moins en Israël même.

Bref, ce voyage ne nous a pas laissés indemnes, mais n’est-ce pas là but d’un voyage ?

dimanche 29 mars 2009

passage de checkpoint comme tant d'autres

Ce matin tôt je me suis rendue au check-point de Bethlehem à Jerusalem, un énorme terminal par lequel je passe souvent. Mais je n'y vais jamais quand les centaines de travailleurs palestiniens font la file pendant des heures, dans le froid, pour aller au boulot. C'était horrible, triste. Et pourtant, c'est le quotidien des travailleurs depuis quelques années maintenant. Ce matin, il parait que c'était particulièrement lent et agité. Je n'ai pas été dans la file, je ne voulais pas me retrouver toute seule, jeune fille au milieu de tous ces hommes dans un couloir long de 500m, tous serrés comme des sardines, comme des animaux en cage. J'ai pris "la file pour touristes", honteuse de ce privilège que je ne mérite pas.
Puis j'ai vu ces bousculades à l'entrée des sas de sécurité, j'ai vu les hommes courir comme des lapins pour essayer de passer là où ça ne bloquait pas. Manque d'organisation, tentative d'enrager les travailleurs? Plusieurs fois, les Israéliens ont choisi de fermer un guichet où des hommes attendaient depuis 30'... et puis un autre... Oui, ces hommes qui tiennent tellement à leur boulot qui est déjà une chance énorme pour eux, ces hommes qui avaient peur d'arriver en retard... ils m'apparaissent comme des animaux courant comme des fous dans une cage.
Petite cerise sur le gâteau de l'horreur absurde: un gardien israélien, qui se balade tranquillement sur les travées au-dessus des Palestiniens, au-dessus de la mêlée, s'amuse à les regarder, à les gronder un peu parfois et puis... à cracher dessus! Ben ouais! J'ai vu cet israélien faire un gros crachat sur des Palestiniens juste en dessous de lui, à 1mètre...
Ca c'est donc l'expérience quotidienne des travailleurs palestiniens qui ont un boulot à Jerusalem.

Mais contre ces injustices, il ya des personnes magnifiques qui se battent. Ce matin-là j'ai discuté avec deux femmes de MachsomWatch. Ces dames agées se rendent aux checkpoint pour observer les atteintes aux droits de l'homme. Leur philosophie est de mettre une pression morale sur les soldats qui pourraient être leurs fils. Ces femmes sont souvent toute douces, mais pleines de fermeté et de bon sens.

Alors voilà, des injustices, il y en a beaucoup en Palestine! Des personnes qui se battent contre les injustices, il y en a énormément aussi, "hamdulilah", grâce à Dieu! ;-)

Journée de la terre ce lundi 30 mars



Ce lundi 30 mars on célèbre dans le monde entier une journée d'action globale en solidarité avec la Palestine.

Cette journée correspond en Palestine au "Land Day", la journée de la terre. Ce jour là, en 1976, il y eut des manifestations massives de Palestiniens contre l'expropriation de leurs terres. Ces manifestations ont été réprimées violemment par l'armée israélienne. Depuis, la journée est célébrée par les Palestiniens d'Israel, de Palestine et du monde entier.

Cette année, la journée de la terre été choisie pour donner un éclairage mondial à la campagne de boycott des produits israéliens. A ce sujet, je vous renvoie à l'article écrit en janvier par Anaële.

Nous vous invitons donc à être particulièrement attentifs à la Palestine ce lundi. De nombreux évènements sont prévus partout dans le monde et en Belgique pendant cette semaine. Profitez donc de l'occasion pour apprendre plus sur la Palestine et apporter votre petite pierre à la construction de ponts de solidarité, au lieux des murs d'apartheid! Réfléchissez à vos achats, regardez la provenance de vos oranges, hummus et autres produits. En achetant certains produits, vous soutenez peut-être des colonies illégales en Palestine, vous soutenez l'occupation israélienne.
Voyez www.bdsmovement.net

Et pour vous montrer l'importance et l'urgence de la question de l'expropriation et l'exploitation des terres, voyez ce petit article bien expliqué, en français, avec photos et historique, sur les destructions de maisons. L'article vient de l'Israeli Committee Against House Demolition, une association très reconnue pour son travail sur le terrain.
http://icahd.org/eng/docs/francaisBookletpetit.pdf

jeudi 5 février 2009

Conséquences de la guerre à Gaza sur l'opinion des Palestiniens. Merci amer à Israel

Une dépêche de l'Agence France Presse

JERUSALEM, 5 fév 2009 (AFP) - L'offensive israélienne à Gaza a renforcé la popularité du Hamas selon un sondage publié jeudi, créditant pour la première fois le mouvement islamiste palestinien d'une légère avance face à ses rivaux du Fatah en cas d'élections.
Si des législatives devaient se tenir en Cisjordanie et à Gaza, le Hamas obtiendrait 28,6% des voix, contre 27,9% pour le Fatah du président Mahmoud Abbas, le reste des suffrages allant à des formations de moindre importance, selon le sondage réalisé par le Jerusalem Media and Communication Centre (JMCC).
C'est la première fois qu'un sondage crédite le Hamas, qui contrôle Gaza, d'une avance face au Fatah, les enquêtes d'opinion ayant toujours donné ce dernier vainqueur en cas d'élections, se trompant même lourdement en 2006 lorsque le mouvement islamiste avait remporté les législatives haut la main.
Le Fatah est paradoxalement crédité de plus d'intentions de vote (33,6%) à Gaza que le Hamas (28%) qui l'en a délogé en 2007. En revanche en Cisjordanie, contrôlée par M. Abbas, c'est le Hamas (29%) qui devance le Fatah (24,5%).
Le sondage a été effectué sur un échantillon représentatif de 1.198 Palestiniens (758 en Cisjordanie et 440 à Gaza). Sa marge d'erreur est de 3%.

Statistiques sur les atteintes aux droits de l'homme en 2008

Voici une dépèche de l'Agence France Presse, résumant le rapport annuel de l'organisation B'Tselem.
B'Tselem est une organisation israélienne très connue pour ses nombreuses statistiques précises et fiables sur les droits de l'homme en Palestine. Pour plus d'informations, surfez sur www.btselem.org


JERUSALEM, 5 fév 2009 (AFP) - Plus de 540 Palestiniens sont emprisonnés sans procès en Israël, dont 42 depuis plus de deux ans, a déclaré jeudi l'organisation israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem.
Parmi les 548 Palestiniens détenus sans procès, deux sont en prison depuis quatre ans et demi, poursuit B'Tselem dans un rapport annuel, précisant que six d'entre eux sont mineurs.
Selon B'Tselem, au total, 7.904 Palestiniens étaient enfermés dans les centres de détention israéliens fin 2008.
Les forces de sécurité israéliennes ont tué au cours de l'année passée 455 Palestiniens, dont 87 mineurs, ajoute l'ONG. Selon elle, au moins 175 d'entre eux ne prenaient pas part aux hostilités. 18 civils et 10 soldats israéliens ont été tués par des Palestiniens à la même période, précise le rapport.
B'Tselem a de nouveau mis en cause les autorités israéliennes pour l'absence de poursuite contre des membres de l'armée ayant blessé des civils Palestiniens en Cisjordanie.
Ces chiffres ne prennent pas en compte les victimes de l'offensive menée par Israël à Gaza du 27 décembre au 18 janvier qui a fait 1.330 morts du côté palestinien, et 13 morts côté israélien.

Je voudrais rajouter à ce résume de l'AFP ces données-ci du rapport annuel:
La construction du Mur de Séparation se poursuit. 12% de la Cisjordanie se retrouvera au final du coté Ouest du Mur, du côté israélien donc, ou dans des enclaves fermées. 498 000 Palestiniens se retrouveront donc entre Israel et Palestine, avec une situation très délicate, n'ayant le droit de se rendre ni dans l'un ni dans l'autre des territoires.

B'tselem aborde aussi le problème des colonies israéliennes en Palestine. En 2008 la population dans les colonies a atteint 285 000 en CisJordanie, auxquels il faut ajouter 193 700 dans le territoire palestinien de Jerusalem-Est. La croissance de la population dans les colonies fut de 4.7% en 2008, ce qui est significativement supérieur à la croissance générale en Israel de 1.6%.

La démolition de maisons continue, surtout à Jerusalem-Est. A Silwan, où il n'y a aucune possibilité d'acquérir un permis de bâtir, les Palestiniens sont obligés de construire illégalement, pour faire face à la croissance démographique. Israel a prévu de détruire 90 structures datant des années 1980 et 1990, afin de construire un parc archéologique. Si ce plan est réalisé, il s'agira de la plus grande opération de destruction de maisons depuis celle de la Vieille Ville en 1967.
Une ONG israélienne archéologique réalise aussi des travaux illégaux dans le village, mais n'en est pas empêchée. Cette association creuse notamment des tunnels pour opérer à des fouilles archéologiques illégales. Certains de ces tunnels passent sous les maisons palestiniennes qui ont subi des dommages.

dimanche 1 février 2009

Paysages de Palestine






La Palestine, ce sont aussi des paysages à vous couper le souffle.
Voyez ici quelques photos prises lors d'une promenade près de Jericho avec 4amis franco/turco/allemano/brésiliens.