mercredi 9 avril 2008

L'arab educational institute


L’association qui m’accueille à Bethléem s’appelle l’arab educational institute. Elle a été créée en 1987 par un professeur et un de ses amis. Son but est de faire de l’éducation informelle et de rapprocher les différentes communautés.
Il a pourtant été très vite amené à remplir le rôle de l’école. En effet, lors de la première intifada, toutes les écoles de Bethléem ont été fermées. Une série de jeunes et d’enfants venaient à l’Arab Educational Institute, où on essayait tant bien que mal de leur donner des cours. Leur nombre a augmenté, et les Israéliens ont remarqué que quelque chose se passait dans la petite ruelle où l’AEI a ses bureaux. Quand ils ont appris que des jeunes s’y réunissaient, ils ont immédiatement convoqué les responsables pour les obliger à fermer le centre. Pendant plusieurs années, l’AEI n’a pas ouvert ses portes, mais il organisait des leçons dans les maisons des gens, en y réunissant quelques élèves.
L’institut a ensuite rouvert ses portes et s’est petit à petit agrandi grâce aux généreux dons d’ONG occidentales, et grâce à leur affiliation au mouvement international « Pax christi ».
Aujourd’hui, une de ses grandes missions pourrait se résumer dans le slogan très ressassé mais pourtant plein de sens « construire des ponts et non des murs ». L’AEI fait tout un travail de cohésion sociale, tout d’abord en amenant les gens à se rencontrer, en créant un espace de vie commune, ensuite en essayant de rapprocher les différentes communautés, tout particulièrement les musulmans et les chrétiens. Ils ont entre autres un projet de dialogue interreligieux, qui, à la base, devait réunir les juifs, les musulmans et les chrétiens, mais qui finalement se limite aux deux derniers groupes, avec quelques contacts avec des associations qui mènent un projet similaire en Israël. Par l’éducation informelle, l’AEI vise aussi à former des jeunes conscients de leur identité, de leur Histoire, de leurs capacités, prêts à être des acteurs de paix et de changements.
En pratique, il y a plusieurs groupes, qui se réunissent une fois par semaine : les enfants, les jeunes du secondaire, les universitaires, les jeunes diplômés et les femmes. Parmi les autres activités de l’AEI, il y a des cours d’informatique, des échanges avec l’étranger, des projets ponctuels, des publications, etc.
Et moi dans tout ça ? Je vais travailler avec les différents groupes, faire des ateliers d’écriture (on commence cette semaine avec des histoires d’espoir), des ateliers débats (sur les droits de l’homme, la Palestine, l’Histoire, le dialogue interculturel, etc.), deux petits dessins animés avec la super collaboration de mes deux sœurs, des cours de français, des petits jeux en anglais (avec les enfants), etc. Je vais préparer un « information package » sur les jeunes en Palestine, à destination des visiteurs de l’AEI, mais également, je l’espère, des école de Belgique, puisque j’y proposerai toute une série de pistes pédagogiques. J’y mettrai les films, des textes écrits par des jeunes, des photos, des informations plus techniques, des interviews de jeunes, etc. Et puis, il se pourrait que je fasse un peu de fund raising et participe à l’une ou l’autre publication.
A côté de cela, j’irai une après-midi par semaine faire du volontariat à Beit Ummar (un petit village proche de Bethléem), dans l’association d’un Palestinien que nous avons rencontré cet été : j’organiserai des tables de conversation en anglais sur les mêmes thèmes qu’à l’AEI (droits de l’homme, etc.) et donnerai des cours de français. Je participerai aussi de temps en temps aux actions qu’ils mènent conjointement avec des Israéliens et des internationaux : manifestations, déplacement de blocs de béton qui bloquent l’accès aux villages, soutien aux fermiers lors de la récolte des olives (les colons essayent de les empêcher de travailler sur leur terrain), etc.
Pour le moment, je vais m’en tenir à ces projets et voir comment tout cela s’organise, mais je suis assez tentée d’aller aussi passer quelques heures par semaine dans un camp de réfugiés…

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