mercredi 10 septembre 2008

Deux semaines en Palestine

Un petit article écrit par Muriel et Rémi. Merci à vous deux...

Peu après le départ d’Anaële, il est clair pour nous que nous allons lui rendre visite. Mais malgré ce qu’elle nous a déjà raconté de la Palestine et ce que nous pouvons lire régulièrement sur son blog ou dans les médias, nous avons difficile à nous faire une idée précise de la situation sur place, et plus l’échéance du départ approche, moins nous parvenons à préparer ce voyage. Cependant, nous savons aussi que nous pouvons compter sur Anaële… et sur le hasard des rencontres.

Nos premières impressions d’Israël sont relativement positives : bons contacts avec les gens, découverte de la culture juive, baignade à Tel Aviv… On pourrait presque ne pas imaginer la réalité du conflit si proche. Peu après pourtant, nous passons le mur à la découverte du quotidien du peuple palestinien.

En voyageant dans les principales villes de Palestine nous voyons combien la vie est rendue difficile par l’occupation israélienne. Nous savions déjà que la région était encerclée par un mur, et que les check point constituaient un obstacle à la liberté de circulation de la population. Mais nous étions loin d’imaginer l’ampleur de ce que nous avons à présent sous les yeux. Le mur tout d’abord dépasse largement les frontières initialement fixées et confisque de fait des terres et des oliviers ; nous sommes aussi effrayés par sa grandeur, son étendue et son agressivité – malgré son caractère prétendument défensif. Les check points ensuite, que nous croisons à chaque déplacement en Palestine, morcellent le territoire, provoquent des files interminables et soumettent la population à l’arbitraire et au bon vouloir des jeunes soldats israéliens. Les colonies et leurs habitants enfin, s’imposent avec violence chaque jour un peu plus dans ce pays qui ne leur appartient pas, volant terre et eau et niant les droits les plus fondamentaux des Palestiniens.

Si le conflit est omniprésent et si l’on ressent son poids chaque jour, la Palestine reste cependant un pays magnifique et chaleureux. Nous l’expérimentons tout au long de ce voyage. Que ce soit Hashem, en compagnie duquel nous visitons Hébron, Majdi qui nous procure un logement à Bethléem, Amjad, Nasser et Yussef, qui nous accueillent au sein de leur association à Naplouse, Rafat et sa famille qui nous font découvrir le village chrétien de Zababdeh, Bassam et Fadi qui nous font visiter le vieux Hébron ou encore Sama et Abdel avec qui nous vivons un dernier jour en Palestine inoubliable, l’accueil est toujours au rendez-vous, et il y a de quoi se sentir à l’aise : un café ou un thé en guise d’accueil, des discussions passionnantes sur leur culture et leur vie quotidienne, des visites qu’ils prennent le temps de faire avec nous, et toujours un repas avant de repartir.

Après ces 15 jours intenses, lorsque nous repassons en Israël, tout a changé pour nous. Derrière les nombreux Juifs ultra orthodoxes que nous croisons dans Jérusalem, nous percevons le fanatisme religieux qui a des conséquences si désastreuses en Palestine. Derrière les terres que nous traversons pour rejoindre l’aéroport, nous revoyons la tristesse du regard des Palestiniens qui ont tout perdu. Derrière l’interrogatoire que nous subissons à l’aéroport (quelle est l’origine de votre prénom ? avez-vous été dans la West Bank ? avez-vous rencontré des Arabes ? Parlez-vous arabe ?...), nous sentons comment Israël essaye d’insuffler (et y parvient le plus souvent) à tous la peur du Palestinien.

En allant en Palestine, nous avons donc défait ces idées et stéréotypes que, malgré tout, nous avions intégrés sur le monde arabe et nous avons découvert une culture riche à différents niveaux. Nous comprenons mieux aujourd’hui l’attachement d’Anaële pour ce pays et ses habitants et espérons y retourner au plus vite…

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