mercredi 2 avril 2008

Premiers jours a Bethlehem




Par quoi commencer, si ce n’est par dire que je ne suis pas déçue par l’hospitalité palestinienne ?
Tout d’abord, j’ai retrouvé l’accueil chaleureux et la bonne nourriture des Palestiniens. On s’occupe de moi tout en me laissant prendre mes marques, trouver mes repères.
Je vais occuper pendant deux mois un appartement, puis habiter au-dessus de la Peace House (l’association a deux bâtiments, une peace house et une youth house, qui sont très loin l’un de l’autre). Mon nouveau chez-moi est énorme et super lumineux. Quand je suis arrivée, j’ai trouvé quelques petites attentions, comme du thé, un livre en anglais sur la littérature palestinienne, les publications de l’association. L’appartement est assez loin du centre, et ses grandes fenêtres donnent sur les collines parsemées d’oliviers, les bergers et leurs moutons. C’est beau et paisible.
A l’arab educational insitute, on me fait confiance, on me fait des propositions motivantes, on se motive pour mes propositions. Ce que j’apprécie beaucoup, c’est qu’ils me proposent de me lancer dès le début. Aujourd’hui, j’ai fait les brise-glaces. Je commencerai la semaine prochaine à animer des ateliers à part entière. Fouad, le directeur est vraiment adorable. C’est un vieil homme qui a été prof pendant des années avant de se lancer dans l’éducation « informelle » en fondant l’arab educational institute, pour lequel il se consacre corps et âme. Il est le directeur, il a son bureau, mais il en sort régulièrement pour rencontrer les gens et voir ce qui se passe. Son fils nous apporte un super repas à midi, on discute des heures durant. Fouad me connaît à peine, mais déjà, il me raconte sa vie et ses espoirs.
Le premier atelier était assez comique, c’était avec des jeunes « postgraduated ». On a d’abord parlé du 1er avril et Milad nous a expliqué l’origine de la tradition des blagues. Bon, je sens que vous brûlez de savoir, alors je vous la raconte :
Une vieille reine de Babylone sent qu’elle va mourir et fait préparer sa stèle. Sur celle-ci, figure une inscription : ce que tu souhaites, tu le trouveras dans ma tombe si tu l’ouvres. Lorsqu’elle meure, on l’enterre donc avec cette stèle. De longues années passent, et un premier avril, un homme n’y tient plus. Il a trop envie d’argent et il ouvre le tombeau. Là, il trouve une autre inscription qui lui dit que sa stupidité et son avarice l’ont poussé à profaner le repos éternel de la reine. Il avait voulu profiter du 1er avril, qui était une belle date pour la chance, et se retrouvait le bec dans l’eau. C’était le premier mauvais tour, la première blague.
Après ça, on a parlé du land’s day, qui avait lieu le 30 mars. C’est un jour où les Palestiniens manifestent contre les confiscations de terres par les Israéliens. Ces manifestations ont été lancées dans le nord d’Israël par des arabes israéliens que l’on voulait priver de leurs terres, elles ont ensuite été suivies dans l’ensemble des territoires palestiniens. Lors de ces manifestations, des jeunes arabes ont été tués dans le nord d’Israël (en 1976), et en ce jour spécial, tous les Palestiniens se souviennent qu’ils sont frères. C`est tres touchant de voir que les habitants de Cisjordanie s`inquietent des conditions de vie de ceux qui ont pu rester en Israel. Ils parlent des villages non reconnus, ces villages situes en Israel qui n`apparaissent pas sur les cartes israeliennes, n`ont pas l`eau ni l`electrivite, ou peu, n`ont pas d`ecole, ou s`ils en ont une, les diplomes qu`elle delivre ne sont pas reconnus par l`Etat israelien. Les jeunes réfugiés présents à l’atelier racontent l’histoire de leur famille. On parle de cette fameuse loi de l’absence, qui fait qu’après trois ans d’« abandon », une terre appartient d’office à l’Etat israélien. Lorsque les paysans palestiniens essayent d’aller cultiver leurs terres (si celles-ci sont encore accessibles), ils se font donc souvent tirer dessus par des colons. Au bout de trois ans, ces derniers s’approprient les terres et agrandissent l’enceinte de la colonie.
Après tout ça, les jeunes m’ont déjà adoptée. On se promène un peu ensemble en ville. Ils m’apprennent quelques mots d’arabe, et on rentre chacun chez soi. Enfin, d’abord, je me perds, et puis, je rentre chez moi.

2 commentaires:

Roxane a dit…

Hello miss!

Super intéressant tout ça, et chouette que ça se passe si bien pour toi!
Surtout l'histoire du poisson d'avril était intéressante! ;-) Mais dis donc, toi, l'experte, n'en aurais-tu pas été victime...........???

Anonyme a dit…

Youpie, ça à l'air super comme départ! Y a pas eu de blague pour moi le 1er. J'ai une question, il pleut combien de fois par an en Palestine?

Gros bisous

Do