
2. Le plan de partition des Nations Unies de 1947 et la répartition des terres lors de l'Armistice de 1947.
Avant le conflit:
La terre qui est aujourd'hui habitée par les Israéliens et les Palestiniens a été occupée par différents peuples : les Hittites, les Philistins, les Assyriens, les Israélites, etc. La région a ensuite été conquise par la Grèce (IVe au IIe siècle ACN). Une période d'indépendance a suivi, au cours de laquelle la plupart des habitants se sont convertis au judaïsme. Le territoire est ensuite passé par une période romaine (Ie siècle ACN au IVe siècle PCN), byzantine (IVe au VIIe siècle PCN), musulmane (VIIe au XIe siècle). Durant les croisades (XIe au XIIIe siècle), les croisés et les arabes se sont disputés la région, jusqu'en 1244, date à laquelle les musulmans ont définitivement repris Jérusalem. Au XVIe siècle, la Palestine a été conquise par les Ottomans, qui en sont restés maîtres jusqu'au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, les migrations de Juifs quittant l'Europe pour s'installer en Palestine ont commencé.
1897 : création officielle du sionisme
Theodore Herzl organise le premier congrès sioniste à Bâle, et le sionisme est formellement créé. Le congrès décrète que le sionisme cherche à établir un foyer légal pour le peuple juif en Palestine.
1917 : Déclaration Balfour
Lors de la première guerre mondiale, l'empire ottoman s'est rangé aux côtés des puissances allemande et austro-hongroise. En 1917, les Britanniques remportent une victoire décisive, suite à laquelle les Ottomans capitulent. Quelques jours plus tard, Arthur James Balfour, le ministre des Affaires Etrangères britannique, adresse une lettre ouverte à Lord Rothschild, dans laquelle il se déclare favorable à l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif en Palestine, en précisant que ce foyer ne devra pas violer les libertés civiles et religieuses des peuples non juifs existant sur le territoire. Cette lettre sera publiée sous le nom de "Déclaration Balfour".
En 1920, les Britanniques obtiennent un mandat sur la Palestine.
Suite à cette déclaration et ce mandat, les Arabes se sentent floués. En effet, les Britanniques leur avaient promis de créer un Etat arabe indépendant en échange de leur contribution à la lutte contre les Ottomans.
1939-45: La seconde guerre mondiale et l'holocauste
De 1920 à 1940, l'immigration juive se poursuit et les communautés juives acquièrent de vastes terres sur les territoires palestiniens. Plusieurs affrontements, souvent violents, opposent les Juifs et Arabes vivant en Palestine. Diverses révoltes arabes éclatent.
Les Anglais tentent de limiter l'immigration juive en imposant des quotas, et puis en publiant le livre blanc, qui affirme qu'« au terme de la période de cinq ans, aucune immigration juive ne sera plus autorisée, à moins que les Arabes de Palestine ne soient disposés à y consentir »[. L'immigration se poursuit alors illégalement. Lors de la deuxième guerre mondiale, des milliers de Juifs tentent de se refugier en Palestine. Ils embarquent par centaines sur des bateaux de fortunes, dont plusieurs coulent, causant de nombreuses morts.
Après la guerre, le monde découvre avec horreur que six millions de Juifs ont été exterminés, principalement dans les camps de concentration. L’opinion internationale est bouleversée. L’holocauste justifie aux yeux de toute une série de personnes l’installation d’un foyer national pour les Juifs.
Les sionistes réclament la suppression des limitations à l'immigration. Les Britanniques jugent la Palestine ingouvernable et remettent leur mandat aux Nations Unies. Dans la pratique, les limitations à l’immigration disparaissent.
1947: première résolution de l'ONU: premier plan de partition
L'ONU propose un plan de partition de la Palestine, qui octroie un peu moins de 50% des terres aux Arabes, un peu moins de 50% aux Juifs, et internationalise Jérusalem. Les Juifs acceptent ce plan, les Palestiniens le refusent.
1948: la "guerre d'indépendance" pour les Israéliens, la "Nakba" pour les Palestiniens
Le 14 mai 1948, les Juifs proclament l'Etat indépendant d'Israël. Les pays arabes voisins (l'Egypte, la Syrie, la Jordanie) envahissent Israël et la Palestine dans les semaines qui suivent. Sans doute à cause de leur manque d'organisation et de coordination, les armées arabes seront défaites. A la fin de la guerre, en 1949, Israël occupe 78% du territoire initial.
Environ 762.000 Arabes ont fui. Il y a eu plusieurs vagues d'exode, accompagnées de massacres. On parle surtout du massacre de Deir Yassin, dont tous les Palestiniens ont entendu parler et qui les ont poussés à fuir. L'exode est à la fois intérieur, vers la bande de Gaza et la Cisjordanie, et extérieur, vers la Syrie, le Liban et la Jordanie. A la fin de la guerre, plus de la moitie des Palestiniens sont devenus des refugiés.
Après la guerre, Israël propose un plan de partage, que les pays arabes refusent. L'ONU réclame la cessation des hostilités et le retour des réfugiés qui le souhaitent chez eux, mais Israël refuse d’en accepter davantage qu'un petit nombre. Les frontières d'Israël sont établies sur la ligne verte des accords d'armistice de 1949. Ni ces frontières ni l’existence de l’Etat israélien ne sont reconnues par les pays arabes.
La "loi de l'absence" permet la saisie des biens des absents par les Israéliens. Les anciens villages arabes sont détruits et les terres redistribuées à des communautés juives agricoles.
La guerre de 1948 est appelée "Nakba" par les Palestiniens, ce qui signifie "catastrophe".
Le témoignage de Yussef
Yussef est un jeune Palestinien de la quatrième génération de réfugiés.
En 1948, il y a eu un massacre et tout le monde en a entendu parler. Donc la plupart des gens ont quitté leurs villages. Beaucoup de gens se sont cachés dans les collines. Ma grand-mère est restée presque un an dans une grotte avec son mari et ses enfants, à se cacher, jusqu’à ce qu’ils aillent vers un autre village, où ils sont restés plusieurs mois. Les Nations Unies ont décidé de rassembler tous les gens dans un même lieu, pour que ce soit plus facile de leur donner de l’aide. Les gens ont alors reçu des numéros et des tentes où vivre. Et puis, dans les années 50, ils ont commencé à construire des petites pièces pour les familles. Si la famille était de plus de six membres, elle recevait deux pièces, si c’était moins, elle recevait une pièce, sans toilette ou cuisine, c’était comme des boîtes. Ils ont aussi construit des toilettes publiques, et il y avait un accès public pour l’eau. Les gens devaient donc laver leurs vêtements et aller à la douche en public. Tout le temps, les Nations Unies nous ont dit qu’ils allaient résoudre nos problèmes et cela n’a jamais eu lieu. Et nous sommes encore là, trois ou quatre générations plus tard. Les camps de réfugiés ont changé et se sont développé mais ce sont toujours des camps de réfugiés et nous sommes encore là.
Le témoignage d’Antoinette
Antoinette avait une quinzaine d’années lors de la Nakba.
J’habitais à Beit Jala au moment de la Nakba. J’étais assez jeune et ne me rendais pas bien compte de ce qui se passait, mais des centaines de réfugiés ont commencé à arriver. Les chrétiens ont été accueillis dans un couvent de Beit Jala. Beaucoup de Palestiniens, surtout des musulmans, se sont installés sur un terrain près de Beit Jala et de la tombe de Rachel. C’est devenu plus tard le camp de réfugiés d’Aida. Nous essayions de les aider comme nous pouvions. Ils vivaient dans des tentes et ne possédaient pas grand-chose.
Je me souviens très bien d’une scène : les Israéliens avaient mis des jeunes filles palestiniennes sur une grande remorque, complètement nues. Ils les transportaient dans la ville, à Jérusalem. Dans la culture palestinienne, c’est vraiment une horreur. Les gens leur jetaient des vêtements pour les couvrir et préserver leur honneur.
La terre qui est aujourd'hui habitée par les Israéliens et les Palestiniens a été occupée par différents peuples : les Hittites, les Philistins, les Assyriens, les Israélites, etc. La région a ensuite été conquise par la Grèce (IVe au IIe siècle ACN). Une période d'indépendance a suivi, au cours de laquelle la plupart des habitants se sont convertis au judaïsme. Le territoire est ensuite passé par une période romaine (Ie siècle ACN au IVe siècle PCN), byzantine (IVe au VIIe siècle PCN), musulmane (VIIe au XIe siècle). Durant les croisades (XIe au XIIIe siècle), les croisés et les arabes se sont disputés la région, jusqu'en 1244, date à laquelle les musulmans ont définitivement repris Jérusalem. Au XVIe siècle, la Palestine a été conquise par les Ottomans, qui en sont restés maîtres jusqu'au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, les migrations de Juifs quittant l'Europe pour s'installer en Palestine ont commencé.
1897 : création officielle du sionisme
Theodore Herzl organise le premier congrès sioniste à Bâle, et le sionisme est formellement créé. Le congrès décrète que le sionisme cherche à établir un foyer légal pour le peuple juif en Palestine.
1917 : Déclaration Balfour
Lors de la première guerre mondiale, l'empire ottoman s'est rangé aux côtés des puissances allemande et austro-hongroise. En 1917, les Britanniques remportent une victoire décisive, suite à laquelle les Ottomans capitulent. Quelques jours plus tard, Arthur James Balfour, le ministre des Affaires Etrangères britannique, adresse une lettre ouverte à Lord Rothschild, dans laquelle il se déclare favorable à l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif en Palestine, en précisant que ce foyer ne devra pas violer les libertés civiles et religieuses des peuples non juifs existant sur le territoire. Cette lettre sera publiée sous le nom de "Déclaration Balfour".
En 1920, les Britanniques obtiennent un mandat sur la Palestine.
Suite à cette déclaration et ce mandat, les Arabes se sentent floués. En effet, les Britanniques leur avaient promis de créer un Etat arabe indépendant en échange de leur contribution à la lutte contre les Ottomans.
1939-45: La seconde guerre mondiale et l'holocauste
De 1920 à 1940, l'immigration juive se poursuit et les communautés juives acquièrent de vastes terres sur les territoires palestiniens. Plusieurs affrontements, souvent violents, opposent les Juifs et Arabes vivant en Palestine. Diverses révoltes arabes éclatent.
Les Anglais tentent de limiter l'immigration juive en imposant des quotas, et puis en publiant le livre blanc, qui affirme qu'« au terme de la période de cinq ans, aucune immigration juive ne sera plus autorisée, à moins que les Arabes de Palestine ne soient disposés à y consentir »[. L'immigration se poursuit alors illégalement. Lors de la deuxième guerre mondiale, des milliers de Juifs tentent de se refugier en Palestine. Ils embarquent par centaines sur des bateaux de fortunes, dont plusieurs coulent, causant de nombreuses morts.
Après la guerre, le monde découvre avec horreur que six millions de Juifs ont été exterminés, principalement dans les camps de concentration. L’opinion internationale est bouleversée. L’holocauste justifie aux yeux de toute une série de personnes l’installation d’un foyer national pour les Juifs.
Les sionistes réclament la suppression des limitations à l'immigration. Les Britanniques jugent la Palestine ingouvernable et remettent leur mandat aux Nations Unies. Dans la pratique, les limitations à l’immigration disparaissent.
1947: première résolution de l'ONU: premier plan de partition
L'ONU propose un plan de partition de la Palestine, qui octroie un peu moins de 50% des terres aux Arabes, un peu moins de 50% aux Juifs, et internationalise Jérusalem. Les Juifs acceptent ce plan, les Palestiniens le refusent.
1948: la "guerre d'indépendance" pour les Israéliens, la "Nakba" pour les Palestiniens
Le 14 mai 1948, les Juifs proclament l'Etat indépendant d'Israël. Les pays arabes voisins (l'Egypte, la Syrie, la Jordanie) envahissent Israël et la Palestine dans les semaines qui suivent. Sans doute à cause de leur manque d'organisation et de coordination, les armées arabes seront défaites. A la fin de la guerre, en 1949, Israël occupe 78% du territoire initial.
Environ 762.000 Arabes ont fui. Il y a eu plusieurs vagues d'exode, accompagnées de massacres. On parle surtout du massacre de Deir Yassin, dont tous les Palestiniens ont entendu parler et qui les ont poussés à fuir. L'exode est à la fois intérieur, vers la bande de Gaza et la Cisjordanie, et extérieur, vers la Syrie, le Liban et la Jordanie. A la fin de la guerre, plus de la moitie des Palestiniens sont devenus des refugiés.
Après la guerre, Israël propose un plan de partage, que les pays arabes refusent. L'ONU réclame la cessation des hostilités et le retour des réfugiés qui le souhaitent chez eux, mais Israël refuse d’en accepter davantage qu'un petit nombre. Les frontières d'Israël sont établies sur la ligne verte des accords d'armistice de 1949. Ni ces frontières ni l’existence de l’Etat israélien ne sont reconnues par les pays arabes.
La "loi de l'absence" permet la saisie des biens des absents par les Israéliens. Les anciens villages arabes sont détruits et les terres redistribuées à des communautés juives agricoles.
La guerre de 1948 est appelée "Nakba" par les Palestiniens, ce qui signifie "catastrophe".
Le témoignage de Yussef
Yussef est un jeune Palestinien de la quatrième génération de réfugiés.
En 1948, il y a eu un massacre et tout le monde en a entendu parler. Donc la plupart des gens ont quitté leurs villages. Beaucoup de gens se sont cachés dans les collines. Ma grand-mère est restée presque un an dans une grotte avec son mari et ses enfants, à se cacher, jusqu’à ce qu’ils aillent vers un autre village, où ils sont restés plusieurs mois. Les Nations Unies ont décidé de rassembler tous les gens dans un même lieu, pour que ce soit plus facile de leur donner de l’aide. Les gens ont alors reçu des numéros et des tentes où vivre. Et puis, dans les années 50, ils ont commencé à construire des petites pièces pour les familles. Si la famille était de plus de six membres, elle recevait deux pièces, si c’était moins, elle recevait une pièce, sans toilette ou cuisine, c’était comme des boîtes. Ils ont aussi construit des toilettes publiques, et il y avait un accès public pour l’eau. Les gens devaient donc laver leurs vêtements et aller à la douche en public. Tout le temps, les Nations Unies nous ont dit qu’ils allaient résoudre nos problèmes et cela n’a jamais eu lieu. Et nous sommes encore là, trois ou quatre générations plus tard. Les camps de réfugiés ont changé et se sont développé mais ce sont toujours des camps de réfugiés et nous sommes encore là.
Le témoignage d’Antoinette
Antoinette avait une quinzaine d’années lors de la Nakba.
J’habitais à Beit Jala au moment de la Nakba. J’étais assez jeune et ne me rendais pas bien compte de ce qui se passait, mais des centaines de réfugiés ont commencé à arriver. Les chrétiens ont été accueillis dans un couvent de Beit Jala. Beaucoup de Palestiniens, surtout des musulmans, se sont installés sur un terrain près de Beit Jala et de la tombe de Rachel. C’est devenu plus tard le camp de réfugiés d’Aida. Nous essayions de les aider comme nous pouvions. Ils vivaient dans des tentes et ne possédaient pas grand-chose.
Je me souviens très bien d’une scène : les Israéliens avaient mis des jeunes filles palestiniennes sur une grande remorque, complètement nues. Ils les transportaient dans la ville, à Jérusalem. Dans la culture palestinienne, c’est vraiment une horreur. Les gens leur jetaient des vêtements pour les couvrir et préserver leur honneur.

1 commentaire:
salut salut, merci beaucoup pour ce merveilleux témoignages !
Par rapport au Congres de Bâle en 1897: je ne suis pas certaine que ce soit là qu'a été décidé que la Palestine serait l'endroit pour créer l'etat juif. En effet, début 20ème siècle le Royaume-Uni a proposé l'Ouganda comme terre d'accueil pour la création d'un Etat Juif. Apperemment Herzl y était favorable, mais pas certains mouvements de juifs très religieux pour qui la terre de Palestine était la seule possibilité.
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