lundi 5 mai 2008

Bienvenue en Palestine!


Les Palestiniens ont un sens de l’hospitalité tout à fait incroyable. Lorsqu’ils ont un invité, ils feront tout pour le mettre à l’aise et le rendre heureux. Et surtout, ne vous avisez pas de débarrasser la table, faire la vaisselle ou payer quoi que ce soit (le taxi qui vous emmène vers la maison, les pâtisseries, etc.) si vous êtes invités par un Palestinien.

Plus je progresse en arabe, plus l’accueil est chaleureux. C’est impressionnant de voir comme cela change tout. Par rapport aux colle-touristes aussi d’ailleurs. On essaye de me vendre quelque chose ou de me prendre en taxi, si je réponds que je ne veux pas en arabe, on me fait un grand sourire et on me laisse tranquille.

Quelques petites anecdotes pour illustrer mon propos…

Un peu au-dessus de ma maison, vit la famille d’Ata. A 16 ans, comme il échouait à l’école, ses parents l’ont envoyé à l’armée. Il est ainsi rentré dans l’Organisation de Libération de la Palestine, qui, avant les accords d’Oslo, était interdite de séjour sur le territoire palestinien et surtout en danger. Ata a suivi l’OLP en Irak, en Syrie, en Tunisie, en Egypte, etc. Après les accords d’Oslo (1993), il a enfin pu retourner en Palestine, où il a fondé sa famille. Comme il n’a pas fini l’école, il n’est jamais vraiment monté en grade, et gagne assez peu. Il a construit sa maison lui-même et y loge avec sa femme et ses trois enfants. Dès qu’ils me voient passer (très souvent, en fait), ils m’invitent chez eux. Parfois, je trouve des excuses pour refuser, parfois, j’accepte. Ils ne parlent pas anglais et nos conversations sont assez basiques, mais on s’apprécie vraiment. Ils me servent le thé, me proposent à manger. Dimanche, c’était l’anniversaire de leur fils, j’ai reçu deux parts de chaque type de gâteau, j’ai dû crier grâce. Quand je repars chez moi, ils m’offrent parfois de la menthe, parfois des amandes vertes.

Le week-end passé, Nina et moi arrivons dans la nuit à Jérusalem Ouest et voulons aller à Jérusalem Est (où Nina loge). Un chauffeur de taxi aide un autre qui ne parle pas anglais à négocier avec nous. Ce dernier dit « arbin », l’autre traduit 50. Je lui dis : « non, non, arbin, c’est 40 ». Là, il est scié : « Tu comprends l’arabe ? » Alors, il s’excuse et dit qu’il nous emmène pour 30. Lorsqu’on arrive à destination, il refuse qu’on le paye en nous disant qu’on aide son peuple par notre travail de volontaire.

Majdi était un guide touristique agrégé par les Nations Unies. Il a arrêté son travail lorsque son frère est décédé pour pouvoir s’occuper de sa famille, et il a ouvert un magasin de souvenirs. Lorsque je passe devant sa porte, il sort pour me demander où je travaille et me proposer le thé. Je repasse par là le lendemain avec Nina, il nous intercepte, nous sert le thé, et puis ferme son magasin pour nous emmener à l’église de la Nativité et au « shepherds field ». Grâce à lui, on dépasse toutes les files et on reçoit des explications bien meilleures que dans les guides.

Ces histoires, qui semblent assez incroyables d’un point de vue européen, sont complètement normales dans la culture arabe. De quoi comprendre le désarroi des populations immigrées qui arrivent en Belgique en attendant l’accueil que l’on réserve aux étrangers dans leur culture. En Palestine, ils ont vraiment du mal à comprendre qu’on fasse venir des arabes dans nos pays pour ensuite refuser leur culture, leur mode de vivre et de penser. Je discutais de l’immigration en Europe avec un jeune Palestinien, à un moment, je lui dis qu’il a été démontré que l’immigration était bonne pour l’économie de notre pays et que cet argument devrait calmer les personnes qui n’apprécient pas la présence des étrangers. Il me regarde l’air étonné et dit : « Mais pourquoi vous ramenez tout à l’argent ? L’argent, ça tue ! » Parole pleine de sagesse…

Photos : 1. Mon voisin Ata et deux de ses enfants.

1 commentaire:

Roxane a dit…

eh ben eh ben... c'est bien beau de fêter les annifs des petits Palestiniens, mais ses copines belges on les oublie? snif snif!!
(heureusement qu'elles ont une grande faculté de culpabilisation! hihi!)
bisous ma belle!